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Petite histoire de l’organisation d’entreprise et de son informatisation juillet 24, 2006

Posted by vincent poncet in Organisation.
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Afin d’apporter quelques lumières aux problèmes actuels de la DSI (maitrise des coûts, délais, alignement avec le métier), cet article les mettra en perspective avec l’histoire de l’organisation des entreprises.

Fondation de l’entreprise : pas de responsabilité interne
Historiquement, les premières entreprises sont gérées par leur fondateur. Ce dernier partage à la fois la fonction d’entrepreneur et d’apporteur de fonds. Il embauche des employés pour l’aider dans la réalisation des ses activités vis à vis des différents partenaires de l’entreprise : ses fournisseurs et ses clients. Au début, les employés se voient affectés à différentes tâches mais sans avoir de responsabilités vis à vis des contrats liant l’entreprise à ses partenaires. Il n’y a pour ainsi dire pas d’organisation d’entreprise.

Ce modèle ne peut fonctionner efficacement qu’avec une très petite taille d’entreprise, car dans ce modèle, toutes les décisions ne peuvent être prises que par l’entrepreneur. Le système de prise de décision devient un facteur limitant pour la croissance de l’entreprise, surtout dans un marché en concurrence.
Sur les différents marchés où agissent les clients, les fournisseurs et les investisseurs, notre entreprise se trouve en concurrence avec d’autres pour la conservation de ses contrats et l’obtention de nouveaux. Cette concurrence sera le moteur essentiel dans la recherche de nouvelles manières de s’organiser pour augmenter son efficience.

Responsabilités internes : apparition de l’organisation
Pour pouvoir croitre dans un contexte concurrentiel, l’entrepreneur va déléguer des responsabilités contractuelles de l’entreprise à certains de ses employés. L’organisation d’entreprise va commencer à apparaitre autour de branches qui auront pour responsabilité de gérer chacun des différents types de contrats.
Ces branches seront propriétaires – internes à l’entreprise – de ces contrats. De nouvelles branches apparaissent :
• Direction des Achats : elle aura la responsabilité des contrats avec les fournisseurs. Ses rôles seront de chercher les fournisseurs, de définir les cahiers des charges, de négocier les prix, gérer les contentions, etc…
• Direction Commerciale : elle aura la responsabilité des contrats avec les clients. Ses rôles seront de chercher des clients, de s’assurer la bonne exécution de leurs commandes
• Direction Financière : elle aura la responsabilité de fournir les rapports demandés par les investisseurs
• La production sera elle aussi regroupée dans une branche spécifique à cette activité. La différence avec les autres branches, c’est qu’elle n’est pas directement attachée à un contrat de l’entreprise. Elle l’est, toutefois, indirectement via ses relations internes avec les autres branches.

Chaque branche deviendra responsable de son activité. Le manager sera ainsi en quelque sorte propriétaire de son activité. Il aura donc une certaine liberté quand aux décisions qu’il pourra prendre pour répondre au mieux aux objectifs qui lui ont été fixés.

Arrivée des outils de productivité informatisée
Le manager étant propriétaire de son activité, il mettra en œuvre les moyens nécessaires pour augmenter la productivité de sa branche. Les technologies de traitement de l’information permettent d’augmenter la vitesse, la fiabilité, la productivité et donc les coûts du traitement.
Ainsi, certains managers jugeront opportun de s’équiper de ces machines de traitement de l’information. L’informatisation des différentes branches métiers se fera au rythme de chaque manager et de la nature des fonctions et des tâches qui sont sous sa responsabilité. Les tâches les plus répétitives et ayant lieu de manière plus fréquente seront celles qui auront les premières intérêts à être informatisées.

Compte tenu donc de l’ouverture du manager aux outils informatiques et de la nature de ses fonctions dont il a la responsabilité, chaque branche métier s’informatisera à des vitesses différentes et surtout de manière indépendantes. En effet, chacun étant propriétaire de sa branche métier, chaque système informatique aura tendance à être indépendant des autres.
Peu à peu, toutes les branches de l’entreprise vont s’informatiser, et souvent en s’équipant des mêmes systèmes et résolvant les mêmes problématiques récurrentes chacune de leur côté.

Rationalisation de l’informatique : la Direction Informatique
Prenant conscience qu’il existe désormais une multitude de systèmes et de compétences redondants, la direction générale souhaitera réduire ces coûts inutiles. Elle donc jugera utile de mutualiser toutes les ressources informatiques disséminées dans les différentes branches métiers au sein d’une branche unique, la Direction Informatique.
Le rôle de la DI est de gérer les systèmes informatiques pour le compte des branches métiers. Elle assure l’exploitation, la supervision, la maintenance corrective et évolutive des systèmes qui lui ont été confiés.

Des gains de productivité vont être réalisés grâce à la rationalisation de la gestion des compétences informatiques et à la capitalisation des méthodes de gestion de projets informatiques. Néanmoins, force est de constater que l’infrastructure informatique reste éclatée dans un grand nombre d’applications connectées entre elles de manière souvent désordonnée. La DI dépense la plus grande part de son temps et de ses budgets dans cet effort visant à intégrer les applications entre elles afin de réaliser des processus métiers qui sont nécessairement transverses, contrairement aux applications.
Si la DI a su capitaliser sur les méthodes et les compétences, c’est parce qu’elle est propriétaire de ses ressources humaines et de ses méthodes de gestion de projet, de conception et d’exploitation. De même, si la DI n’a pas pu rationaliser les applications dont elle a la gestion en faisant émerger des référentiels uniques d’objets métiers et des processus de bout en bout dans le SI, c’est parce que les applications restent propriétés des branches métiers.

Les freins à l’alignement du SI avec le métier trouvent leurs sources dans la propriété des applications
Tout comme les branches métiers ont pu améliorer leur efficience parce qu’elles étaient propriétaires de leurs ressources, la DI n’a pu le faire que ce sur quoi elle était pleinement propriétaire. La Direction Informatique se retrouve donc dans la même configuration que l’entreprise à ses débuts. Elle n’a pas d’organisation bâtie sur des responsabilités définies en accord avec les engagements qu’elle a vis-à-vis de ses clients que sont les branches métiers. Elle ne peut donc d’ailleurs prétendre à s’appeller Direction du Système d’Information, puisqu’elle n’en est pas propriétaire. Pour améliorer la réactivité, l’alignement et les coûts de la DI, il faut qu’elle devienne propriétaire des applications. Dans le prochain article, on verra comment évolura le SI dans ce contexte et ce qu’il deviendra des applications.

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Commentaires»

1. Maxime - juillet 29, 2006

Blog trouvé par hasard plutôt intéressant. Je suis curieux de lire la suite.
Je reprocherais cependant l’absence de données chiffrées et d’exemples concrets.
Il serait souhaitable également d’avoir davantage d’information sur la légitimité de l’auteur à aborder ce genre de sujet.

2. Une organisation pour un SI intégré « Urbanisation Durable du Système d’Information - septembre 12, 2006

[…] Pour cela, il faut refonder les relations qui unissent les directions métier et la DSI. Les DSIs doivent être libres de l’implémentation informatique des processus et des objets métier de l’entreprise. Dans l’histoire de l’organisation d’entreprise, les gérants des directions métier ont pu devenir relativement libres de gérer les obligations contractuelles dont ils avaient la charge en devenant propriétaire de ces contrats. La direction commerciale est ainsi responsable et donc propriétaire des contrats qu’elle négocie avec les clients, la direction des achats est responsable des contrats avec les fournisseurs, la direction financière est responsable des engagements vis-à-vis des actionnaires, et ainsi de suite. De même, la DSI doit passer d’un statut de gérant des applications métier à un statut de propriétaire d’infrastructure informatique qui rend des services visant à soutenir les processus métier de l’entreprise. […]

3. smd - août 30, 2008

un exemple d’un organisme d’entreprise réel (tout service) .comme création d’un nouvel entreprise .

4. ramzisat - mars 12, 2009

merci votre fabulation et votre travail et bonne courage

5. pme - mai 6, 2009

les causes de la mauvaise organisation de l’etreprise marocaine

6. saisie comptable - décembre 22, 2009

Un très bon article. Merci


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